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Remise du Prix Jean Renoir

Jeudi 9 et vendredi 10 mai 2019

La remise du prix Jean Renoir a eu lieu les 9 et 10 mai dernier au siège de la FEMIS, école nationale supérieure des métiers de l’image et du son, à Paris. 2 élèves du Lycée Saint Pierre d’Abbeville ont participé aux débats du jury.

Le prix lycéen du cinéma, baptisé Prix Jean Renoir est organisé par le ministère de l’Éducation nationale en partenariat avec le CNC (Centre National du Cinéma et de l’image animée), la Fédération nationale des cinémas français et avec le soutien des CEMEA, du réseau Canopé, des Cahiers du cinéma et Positif. Il a lieu chaque année et est attribué par un jury de lycéens à un film choisi parmi 7 films présélectionnés par un comité de pilotage de représentants de la DGESCO, de l’Inspection Générale de l’Éducation nationale, du CNC et de la Fédération Nationale des Cinémas français.

Le Prix Jean Renoir veut éveiller chez les lycéens un intérêt pour la création cinématographique contemporaine et encourager la formulation d’un jugement critique, en confrontant et en échangeant leurs points de vue avec leurs camarades.

En 2018/2019, 54 établissements dont le Lycée Saint Pierre d’Abbeville, et 19 lycées professionnels, ont concouru pour le Prix Jean Renoir. Pour participer les lycées doivent être inscrits au dispositif Lycéens et Apprentis au Cinéma.

De septembre 2018 à mai 2019, les classes retenues assistent à la projection en salle de 7 films français et européens sortis dans l’année. Cette projection a lieu dans les salles de cinéma partenaires.

Les 9 et 10 mai 2019, 2 délégués par classe, élus par leurs pairs, sont venus participer à une rencontre nationale avec les critiques, les artistes et les professionnels et ont défendu le choix de leur classe. A l’issue de cette rencontre, le film lauréat est désigné. Cette cérémonie de remise des prix a eu l’après-midi du 10 mai à la FEMIS.

Les 7 films en compétition étaient les suivants :

  • Sami
  • Heureux comme Lazzaro
  • En liberté !
  • Amanda
  • L’heure de la sortie
  • Amal
  • Sibel

Et le film primé par les lycéens est l’heure de la sortie de Sébastien Marnier, un film angoissant qui met en scène un professeur de français en but à l’hostilité d’une classe d’élèves surdoués de 3ème, sur fond de catastrophe industrielle.

L’occasion d’échanger avec Sébastien Marnier quelques anecdotes de tournage savoureuses. A un moment donné, l’acteur principal Laurent Laffitte est recouvert de cancrelats et pour cela, il a fallu faire appel à une société spécialisée qui met à disposition des animaux soi-disant dressés. Peut-on dresser des cancrelats ? Sébastien Marnier reste plutôt dubitatif ; la scène a été particulièrement difficile à tourner. Les cancrelats qui devaient sagement fourmiller sur le corps de Laurent Laffitte, n’avaient qu’une idée en tête, partir au plus vite explorer le vaste monde. A tel point que toute l’équipe du tournage a dû entourer l’acteur pour faire barrage aux cancrelats vagabonds. Et quand la scène a été terminée, il a fallu recompter précisément tous les cancrelats, histoire de ne pas oublier un indésirable qui aurait pu vite proliférer. Il est vrai que les particuliers qui louent pour des tournages leur domicile ne savent pas toujours à quoi ils s’exposent…

Vendredi matin, les élèves et les enseignants accompagnateurs ont eu droit à une master class animée par Hubert Charuel, réalisateur de Petit Paysan, film qui a reçu l’an dernier le prix Jean Renoir. Hubert Charuel, enfant d’agriculteur et très attaché à sa région natale, a suivi sa scolarité à la Fémis et il a accepté de parrainer l’édition 2019 du Prix Jean Renoir. Il connaît le monde agricole et ses difficultés comme en témoignent ses courts-métrages Fox-terrier et La diagonale du vide qu’il a présentés. Petit Paysan raconte les difficultés d’un jeune agriculteur confronté à une épidémie qui décime son troupeau de vaches laitières. Ce film a été tourné dans l’exploitation agricole de ses parents. Là aussi tourner avec des vaches n’est pas toujours évident et quand elles font quelques caprices, il faut garder à l’esprit qu’il faut maîtriser une trentaine de « petites » bêtes de près de 1000 kg chacune !

Nos représentantes abbevilloises, Jade et Lou, élèves de secondes ont pris leur rôle de déléguée, très à cœur.

Une expérience inoubliable et très enrichissante ! Les délibérations entre les lycéens restent tout de même les meilleurs moments. Nous confrontons nos avis et j’étais très fière de défendre le film choisi par la classe.

C’est aussi l’occasion de découvrir la FEMIS et les enseignements qu’elle dispense, et un autre aspect du cinéma que je ne connaissais pas, en rencontrant réalisateurs, producteurs, monteurs, distributeurs… des films en compétition

Quelle joie de rencontrer Sébastien Marnier, réalisateur du film primé L’heure de la sortie. Il a accepté très gentiment de nous dédicacer des posters pour notre classe et a fait son plus beau sourire en posant avec nous !

Elles ont apprécié aussi les à côté de la cérémonie.

Super d’escalader la butte Montmartre et ses 184 marches, et d’admirer le superbe panorama depuis le Sacré Cœur. Au cours de ces 2 jours, nous avons grimpé tout de même 3 fois sur la Butte Montmartre, c’était sportif !

Le Prix Jean Renoir ne récompense pas seulement un film primé par les lycéens. Il décerne aussi le prix de la meilleure critique rédigée par les élèves des lycées participant. Pour Thierry Méranger des Cahiers du Cinéma et NT Binh de Positif, il faut encourager et accompagner les critiques que peuvent écrire les lycéens sur les films qui ont su les interpeller. 9 critiques sur les 1000 publiées sur le site du Prix Jean Renoir ont été récompensées. A noter que le premier prix catégorie lycée général revient à des élèves de 2nde du lycée Jean Calvin de Noyon pour la critique du film Amanda. Bravo à nos élèves picards !

Mise à jour : 28 mai 2019