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Samedi 17 : 4ème édition de la cérémonie de remise des diplômes du bac mention "très bien"

Valérie Cabuil, recteur de l’académie d’Amiens, chancelier des Universités et Michel Brazier, président de l’université de Picardie Jules Verne ont présidé, à l’UPJV Université de Picardie Jules Verne , la 4ème cérémonie de remise des diplômes du bac mention "Très Bien", en présence de Nicole Klein, préfète de la région Picardie, préfète de la Somme et de Philippe Lemaire, procureur général.

Cette année, ce sont plus de 1000 jeunes bacheliers picards qui ont obtenu la mention " très bien ".

Le recteur Cabuil et le président Brazier ont récompensé les meilleurs de cette promotion 2015 devant un amphithéâtre de plus de 1000 personnes rempli à son comble de bacheliers, parents, proviseurs, universitaires et élus.

Clotilde BUKATO a obtenu la meilleure note dans notre académie avec 20,58 en série S au lycée Hugues Capet de Senlis (Proviseur : M. JAMET)


Valérie Cabuil, recteur de l’académie d’Amiens, chancelier des Universités et Michel Brazier, président de l’université de Picardie Jules Verne

L’Université en robe

L’Université en robe

L’Université en robe

Les proviseurs

Allocution de Valérie Cabuil, Recteur de l’académie d’Amiens, Chancelier des universités

Madame la préfète de la région Picardie, préfète de la Somme,
Monsieur Le président d’Amiens Métropole,
Monsieur le procureur général,
Monsieur le président de l’université de Picardie Jules Verne,
Monsieur le Présidents honoraires de l’UPJV Université de Picardie Jules Verne ,
Mesdames et Messieurs les vice-présidents,
Mesdames et Messieurs les doyens des Facultés,
Mesdames et Messieurs les élus,
Mesdames et Messieurs les proviseurs,
Chers collègues,
Mesdames et Messieurs les parents et amis,
Chers lauréats,

Je tiens en premier lieu à vous remercier, Monsieur le président, pour l’accueil que vous nous réservez, et ce depuis 4 ans maintenant au sein de votre université, accueil qui illustre ce qu’est le baccalauréat : certes un examen qui marque la fin des études secondaires, mais aussi un examen qui ouvre la voie vers la poursuite d’études supérieures.

Nous allons féliciter aujourd’hui les lauréats de cet examen qui fait partie de la tradition française, et je voudrais donc auparavant dire quelques mots pour les élèves et les parents, sur l’histoire du Bac, dont certains ont dit cette année qu’il fallait le supprimer, avant que notre ministre n’en réaffirme le rôle et l’importance.

Le baccalauréat a une longue histoire dans notre système éducatif. Le terme lui-même apparaît au sein de l’université de Paris au XIII siècle. Le mot en lui-même vient du vieux français : bacheler, qui désigne en un jeune homme noble qui aspire à devenir chevalier, ou un jeune homme noble et vaillant. Le féminin de ce mot existe : bachelière : il veut dire jeune fille non mariée, ou jeune et jolie fille. Mesdemoiselles, je ne ferai aucun commentaire. S’y ajoute la notion de lauréat, qui vient du verbe latin laureare, " couronner de lauriers ". A l’époque, le bac est un diplôme universitaire, conféré dans les quatre facultés de l’Université de Paris : faculté des arts, de médecine, de droit et de théologie.

Arrive la Révolution française, qui supprime les universités, et c’est Napoléon 1er qui rétablit le baccalauréat en 1808, en créant l’Université impériale, avec à sa tête un Grand-Maître, nommé et révocable par l’Empereur. Le baccalauréat est créé pour les cinq disciplines d’alors (sciences, lettres, droit, médecine, théologie), comme le premier grade universitaire, suivi par la licence et le doctorat. D’ailleurs, le décret du 17 mars 1808, créant le bac, crée également les différentes académies, et notamment l’académie d’Amiens.

Le baccalauréat de 1808 est très différent de celui que nous connaissons aujourd’hui. Il ne comporte que des épreuves orales portant sur des auteurs grecs et latins, sur la rhétorique, l’histoire, la géographie et la philosophie. Lors de la première session, en 1809, les nouveaux bacheliers sont seulement au nombre de 31. Ils seront à peine plus d’un millier en 1811, et on entend déjà les premières plaintes concernant le niveau du baccalauréat. Et vous savez que ces plaintes ne se tariront jamais ....

Le baccalauréat est un examen qui a connu, depuis ses origines, de très profondes évolutions, qui sont les reflets, parfois peut être avec un peu de retard, de l’évolution de notre société : la création du baccalauréat technologique en 1968, qui fait suite à la création des IUT Instituts universitaires de technologie (en 1966), elle-même résultant du constat du besoin de cadres intermédiaires à la suite de l’essor économique de la France des Trente Glorieuses ; En 1969 : la création des épreuves anticipés de français. En 1985, la création du baccalauréat professionnel qui fête donc ses 30 ans. Le baccalauréat professionnel a été créé sur proposition de la Mission École -Entreprise, créée par Jean-Pierre Chevènement alors ministre de l’Education nationale. Il s’agissait d’" étudier les défauts de cohérence entre l’École et l’Économie, dresser, sans complaisance, les bilans des formations initiales, réfléchir au fonctionnement des instances consultatives, proposer des procédures pour renforcer les liens avec l’entreprise et améliorer le dispositif d’orientation des élèves ". Cette création s’accompagnait d’un grand objectif : amener 80 % d’une classe d’âge au niveau du baccalauréat.

Et c’est certainement là que réside le plus grand changement : l’évolution du nombre des bacheliers. En1880, ils ne représentaient que 1% d’une classe d’âge, que 20% en 1970 et 36% en 1989. L’augmentation devient très sensible à partir des années 1990, avec 63% d’une classe d’âge en 1995, et 87,8 % à la session de juin 2015.

63% en 1995, 89 % en 2015, belle augmentation, qui fait dire à certains qu’on donne le bac à tout le monde, que le bac ne vaut plus rien, ne sert plus à rien. Oui, le bac est de moins en moins un diplôme professionnalisant. Les titulaires des bacs pro s’orientent de plus en plus vers des études supérieures, à l’image de leurs collègues des bacs généraux et technologiques. Et c’est une bonne chose, car l’objectif n’est pas à 18 ans d’apprendre un métier, mais d’apprendre à pouvoir avoir plusieurs métiers pendant toute une vie, qui sera longue. Et pour cela, l’augmentation du degré de qualification d’une population reste un atout incontestable face aux évolutions socioéconomiques d’un monde qui bouge très rapidement.

L’académie d’Amiens se situe dans cette logique nationale de progression des résultats du bac et d’augmentation du niveau des qualifications. Notre académie conserve un certain retard par rapport à la moyenne nationale en matière de résultats, mais on observe ces dernières années une progression très nette, dont il y a tout lieu de se féliciter.

Au baccalauréat 2015, avec un taux de réussite de 85,7%, l’académie connaît une hausse de 1 point par rapport à la session 2014, pour l’ensemble des bacs.

Et il faut encore noter, cette année, une belle augmentation du nombre de mentions " très bien " par rapport à la session de juin 2014 : +7,8 points. Ce sont 1164 élèves sur les 14 842 reçus à l’issue des épreuves du 1er groupe qui ont obtenu la mention " très bien ", c’est à dire qui ont obtenu une note supérieure à 16. Donc, oui, nos bacheliers picards sont excellents, et d’ailleurs beaucoup font de belles carrières.

Chers lauréats, je vous encourage donc, à être ambitieux, à être audacieux, à être courageux. Chères lauréates, je vous encourage encore plus particulièrement, à être ambitieuses, à être audacieuses, et courageuses.

Et je voudrais avant de conclure avoir un mot pour vos parents. Il y a une douzaine d’années, ils vous ont conduit pour la première fois à l’école en espérant certainement que vous auriez un jour ce diplôme qui vous ouvre toutes les portes. Ils peuvent être soulagés, et fiers de vous et d’eux, car le métier de parent n’est pas un métier facile.

Et je voudrais remercier vos enseignants et les proviseurs qui sont dans la salle. S’ils sont ici, c’est pour vous. Votre succès est aussi un peu le leur.

Nous vous confions maintenant à l’enseignement supérieur et je vous souhaite donc à tous une très belle poursuite d’étude, une très belle carrière.

Mise à jour : 17 mai 2016