DSDEN 60

Travail de mémoire en 2015-2016

lundi, 3 juillet 2017

http://www.ac-amiens.fr/dsden60/282-travail-de-memoire-en-2015-2016.html

Année scolaire 2015-2016
A la découverte de la Marseillaise : journée citoyenne, lundi 13 juin 2016
Ce dispositif nouveau, initié par l’ONAC de l’Oise et la DSDEN a été expérimenté cette année avec deux établissements :
• Le collège Gaëtan Denain de Compiègne
• Le collège Romain Rolland de Mouy
Ces deux collèges ont respecté scrupuleusement le cahier des charges établi par la DSDEN et ont suivi un parcours pédagogique riche et innovant, tout à fait susceptible de contribuer à la construction citoyenne et civique des élèves. Notons également que le collège G. Denain avait choisi d’engager sa classe CHAM dans cette nouvelle opportunité pédagogique.
Comme cela était précisé dans le cahier des charges, les deux classes ont donc bénéficié d’une « journée de découverte citoyenne » à Paris, ce lundi 13 juin 2016.
Le voyage était encadré par les enseignants de musique et d’histoire des deux collèges, accompagnés de Madame Renaud, principale du collège G. Denain et Monsieur Thuillier, principal-adjoint du collège Romain Rolland.
La journée a commencé par la visite de l’Hôtel National des Invalides ; l’histoire et l’architecture de cet édifice qui est l’un des plus beaux du règne de Louis XIV a été longuement évoquée par Monsieur Pickaert, conférencier des Monuments Nationaux et chargé de mission auprès de Monsieur Crépin, IA-DASEN de l’Oise. Une visite du tombeau de l’empereur Napoléon 1er a suivi avec un commentaire ciblé sur les bas-relief de Simard évoquant les grandes créations de l’Empire en tant qu’état ( code civil, légion d’honneur, création des lycées, etc) L’intérêt prolongé et l’attention soutenue des élèves méritent d’être soulignés et prouvent le travail rigoureux effectué, en amont, par les enseignants.
En dépit d’un temps maussade qui ne nous a heureusement réservé que quelques gouttes, les élèves ont pu pique-niquer et se distraire sur l’esplanade des Invalides, avant une répétition de la Marseillaise à trois voix, interprétée par les élèves des deux établissements réunis sous la conduite de leurs professeurs de musique, Messieurs Joël Vancraynest et Cyril Gourlet. En début d’après-midi, les élèves ont découvert le Musée de la Première Guerre mondiale sous la conduite de leurs professeurs d’histoire. L’après-midi s’est prolongé par la visite commentée par monsieur Pickaert, des principaux monuments de Paris en autocar et notamment de lieux symboliques comme le Panthéon et le Parvis des Droits de l’Homme.
A 17h30, les élèves ont été réunis sur la place du Général de Gaulle, au pied de l’Arc de Triomphe avec les responsables du Comité de la Flamme du Soldat Inconnu. A 18h 15, très impressionnés mais également très dignes, ils ont assisté à la cérémonie du Ravivage de la Flamme ; deux élèves ont déposé une gerbe au nom des deux établissements, puis deux autres très émus ont ravivé la Flamme. Les élèves des deux collèges ont forcé l’admiration de l’assistance par leur très belle interprétation des couplets 1 et 7 de l’hymne national dans ces lieux hautement emblématiques. A l’issue de la cérémonie, ils ont été remerciés et félicités par les membres du Comité de la Flamme, de nombreux assistants et par le Général Moreau qui nous a également demandé de transmettre à Monsieur l’Inspecteur d’Académie de l’Oise ses remerciements pour l’implication du département dans le Travail de Mémoire et ses félicitations pour la tenue irréprochable des élèves isariens qui participent au Ravivage de la Flamme et notamment pour cette interprétation remarquable de notre hymne national. Ce sont des élèves bien fatigués mais heureux et un peu fiers de leur participation à l’hommage sur la Tombe de l’Inconnu que nous avons ramené dans leurs établissements vers 21 heures.
Parcours d’histoire et de mémoire, jeudi 9 juin 2016
Les élèves des huit collèges concernés encadrés par leurs enseignants et leurs chefs d’établissement ont été accueillis dans l’hémicycle de l’Hôtel du département par Monsieur Olivier Paccaud, vice- président du Conseil départemental qui a souhaité commencer la journée par une minute de silence à la mémoire de notre collègue David Turpin, récemment disparu et qui avait participé à quatre reprises au dispositif.
A 10h 30, la restitution a commencé par la présentation du thème de la Première Guerre mondiale : l’Oise en guerre : le front et l’arrière. Deux établissements se sont succédé et ont présenté des productions très différentes mais d’une égale qualité pédagogique. A noter, en outre, l’époustouflante interprétation de la saynète écrite et interprétée par les élèves de Monsieur Lanussé du collège de Saint-Leu d’Essorant.
A 11 h 30, c’est le thème de la Seconde Guerre mondiale qui a été présenté par Madame Clémence Boursier, chargé de mission au Conseil Départemental ; ce thème avait pour sujet la presse pendant la guerre. Les collèges de la Fontaine des près de Senlis, dont c’était la première participation, et de Chambly ont proposé des restitutions d’une excellente qualité, parfaitement ciblées sur le thème, notamment en abordant le sujet local du maquis de Ronquerolles pour le collège Jacques Prévert.
La journée a été interrompue à 12h30, par la pause méridienne pendant laquelle les élèves et les enseignants ont profité du temps favorable pour pique-niquer et se distraire dans le parc de l’Hôtel Départemental tandis qu’un buffet réunissait les élus, les partenaires et les chefs d’établissement. Une exposition des travaux des élèves était également à découvrir dans le hall de l’Hôtel du département.
A 13h45, le thème de la Seconde Guerre mondiale a été repris avec les interventions successives des collèges Louise Michel de Saint-Just en Chaussée, Jules Michelet de Beauvais et Albéric Magnard de Senlis. Tous les présents ont pu apprécier, dans l’exercice de cette année la qualité pédagogique et la variété des formes mise en œuvre pour cette journée de restitution.
Le troisième thème retenu était celui de l’industrialisation et du développement industriel du département de l’Oise. Un seul collège avait choisi ce volet, le collège Jean-Jacques Rousseau dont les élèves ont proposé une restitution documentée et vivante sur un thème qui n’était pas facile à aborder et dans lequel les élèves et leurs enseignants ont démontré, s’il en était besoin, que le Travail de Mémoire ne se cantonne pas aux grands conflits mondiaux mais que le labeur et la vie des hommes en font partie, à part entière.
La journée de valorisation a pris fin avec l’intervention de Monsieur Pickaert, représentant de Monsieur Crépin, IA-DASEN de l’Oise, qui a présenté les excuses de ce dernier et rappelé l’intérêt et le soutien de Monsieur l’Inspecteur d’Académie à ce dispositif.
Monsieur Olivier Paccaud a ensuite clôturé la journée en adressant ses remerciements et le témoignage de sa gratitude à tous.
A 15h30, après un goûter apprécié les élèves ont rejoint leurs établissements respectifs.
Rencontre d’un ancien Résistant : Raymond ZERLINE
« La Résistance m’a appris la citoyenneté. Vous êtes les héritiers de cette Résistance. »
Le vendredi 27 mai 2016, cinq classes du dispositif Histoire et mémoire sur la Seconde Guerre mondiale ont eu la chance de rencontrer à l’Hôtel du Département un ancien Résistant, Raymond Zerline. Le thème de cette année, en lien avec l’actualité, est « la presse pendant la guerre : presse de la Collaboration, presse résistante, presse alliée. » Les élèves de troisième des collèges Louise Michel (Saint Just en Chaussée), Jacques Prévert (Chambly), Jules Michelet (Beauvais), Fontaine des Près et Albéric Magnard (Senlis) ont ainsi écouté avec beaucoup d’attention et d’intérêt le témoignage exceptionnel de Raymond Zerline. L’ancien Résistant a particulièrement touché les élèves grâce à la clarté de ses explications et à ses talents d’authentique pédagogue. Raymond Zerline a permis aux élèves de faire un véritable voyage dans le temps en rappelant notamment les conditions de vie en France en 1940. De façon très synthétique, il a identifié cinq formes de la Résistance (information, solidarité, revendication, espionnage et sabotage) avant de se concentrer sur l’information. Les troisièmes ont découvert différents types de journaux clandestins datant de cette époque. Ont été rappelées à cette occasion les conditions matérielles de la presse clandestine et de la production journalistique de cette époque. Puis Raymond Zerline a évoqué avec beaucoup de passion et de pudeur son engagement dans la Résistance, de la diffusion de papillons et de journaux clandestins à son entrée dans le maquis. Son témoignage a d’autant plus fasciné les élèves que Raymond Zerline n’avait que quatorze ans lorsqu’il a commencé à s’engager dans la Résistance. Ses parents ignoraient ses activités clandestines, de même que sa sœur, qui était elle-même Résistante.
Très touchés, intéressés et curieux, les élèves ont posé de nombreuses questions, dont la qualité témoigne de l’excellente préparation dont ils ont pu bénéficier, grâce à l’engagement de leurs professeurs :
• « Avez-vous entendu l’Appel du 18 juin ? »
• « Avez-vous vu Hitler ? »
• « Qu’est-ce qui vous a poussé dans la Résistance ? »
• « Que pensez-vous que la Résistance vous a apporté ? »
• « Votre famille était-elle pour ou contre la Résistance ? »
• « La Dordogne était-elle en zone libre ? »
• « Quelle a été votre plus grande peur pendant la Résistance ? »
• « Est-ce que vous avez déjà été arrêté ? »
• « Aviez-vous conscience que vous risquiez votre vie ? »
• « Est-ce qu’un collègue de l’usine de Boulogne-Billancourt vous a soupçonné de diffuser des journaux ? »
• « Avez-vous déjà été témoin d’un rafle ? »
• « Quel a été pour vous le plus grand changement après la guerre ? »
• « Aujourd’hui, que faites-vous de votre vie ? »
Le témoignage de Raymond Zerline a été l’occasion de rappeler, et de revivre de l’intérieur, des épisodes tristement célèbres de la France occupée : le rationnement, la Rafle du Vel’d’Hiv’, le maquis, la Libération de Paris et de l’Oise. L’ancien Résistant a accepté de répondre à toutes les questions avec beaucoup de rigueur, d’humilité et de générosité.
« Nous sommes enfants des Lumières. » (Raymond Zerline, Hôtel du Département, vendredi 27 mai 2016)
Il a par ailleurs insisté sur les leçons d’amour et de citoyenneté que lui a apportées la Résistance. En répondant aux questions des collégiens, Raymond Zerline a mis l’accent sur le patriotisme républicain : « Patrie et République forment un tout. » Il a bien expliqué que la solidarité et la fraternité demeurent essentielles, rappelant ainsi que son action individuelle s’est inscrite dans un ensemble, et n’avait de sens que par rapport à l’ensemble des Résistants organisés en réseaux : « On ne fait rien tout seul. » Enfin, il a mis en évidence le lien consubstantiel entre les valeurs des Lumières et celles de la Résistance. La Résistance était un combat pour la liberté, l’égalité, la fraternité et les droits de l’homme et du citoyen. Il a encouragé les élèves à continuer le combat en faisant perdurer ces valeurs fondamentales de la République française.
Entre mémoire et découverte
La journée citoyenne du collège Jules VALLES de Saint-Leu-d’Esserent à Paris, le samedi 21 mai
La journée citoyenne du collège de Saint-Leu d’Esserent est née d’une initiative de Monsieur Jean-Paul Rocourt, CPE de l’établissement. Soixante et onze élèves composés des délégués de classe de sixième et de cinquième du collège et d’élèves volontaires des écoles primaires de Précy et de Saint-Leu d’Esserent ( groupe Jean-Baptiste Clément) ont participé à cette sortie qui associait le tourisme de Mémoire, le Travail de Mémoire et la découverte touristique de la capitale. Les élèves étaient guidés par Messieurs Guillaume Lanussé, chargé du suivi des projets pédagogiques de Mémoire et du patrimoine à la DSDEN de l’Oise, Simon Ado, professeur d’histoire au collège, Rémi Comolet, professeur au collège Baumont de Beauvais et Alain Pickaert, conférencier des Monuments Nationaux et référent départemental à la DSDEN de l’Oise. Ils étaientencadrés par de nombreux enseignants et parents. On notait également la présence de Madame Maryse Prévot, IEN de Gouvieux.
La matinée a été consacrée à la découverte du magnifique Hôtel National des Invalides et à l’histoire de l’impressionnant tombeau de l’empereur Napoléon 1er sous la conduite de Monsieur Pickaert., suivie de la visite du Musée de la Première Guerre mondiale animée par les différents enseignants présents.
Après le déjeuner, était proposée une balade en bateau-mouche, agréable façon de découvrir Paris sous un soleil éclatant. Un tour commenté en autocar a complété cette mini croisière et a permis aux élèves de découvrir la place de la Concorde, la Rue Royale, la Madeleine, la place Vendôme et les Champs Elysées.
La fin d’après-midi était réservée au Travail de Mémoire avec la participation au Ravivage de la Flamme du Soldat Inconnu. Pour cette cérémonie particulièrement imposante en présence du Secrétaire d’Etat aux anciens combattants, du Contrôleur Général des Armées et du Ministre allemand Monsieur Herkel, les élèves ont été rejoints par Stéphane Tondeux, principal du collège et Alain Blanchard, conseiller départemental de Montataire. Une journée particulièrement riche pour les jeunes élèves qui ne retrouvèrent le sol lupovicien qu’à 21heures trente passées.
Dans le cadre du centenaire de la première guerre mondiale un spectacle de mémoire :"la fleur au fusil"
Dans le cadre des projets pédagogiques de Mémoire liés au premier conflit mondial, le collège George Sand de Beauvais a accueilli les 23 et 24 mai 2016 un spectacle labellisé par la Mission du Centenaire « La Fleur au fusil ». Corentin CUVELLIER, comédien et Raphaelle NICOLAS, metteur en scène ont animé cette représentation adaptée de la pièce d’Alain GUYARD qui se présente comme une chronique de la guerre 14-18. Cette pièce est basée sur des témoignages historiques, des chroniques du front et des situations qui ont toutes été vécues par des hommes. Corentin Cuvelier incarne avec sensibilité et conviction ces différents « poilus » : des jeunes hommes partis la fleur au fusil dans la tiédeur de l’été 1914 à l’enfer des tranchées ou des batailles inhumaines dans lesquelles sont mises en œuvre des machines de mort de plus en plus performantes. Il est la voix de tous ces anonymes broyés par la logistique de guerre parfois dans une certaine indifférence des états-majors. Qu’ils soient Français, Britanniques, Canadiens, Allemands ou encore venus d’Outremer, les hommes ne sont plus dans l’horreur du conflit que de « la chair à canon »
Les élèves de troisième, encadrés par leurs professeurs ont pu apprécier ce spectacle vivant et revivre à travers la retranscription sensible de ces témoignages de ces pages noires de notre histoire qui restent ancrées dans notre mémoire collective.
A l’issue des représentations, le comédien et la metteur en scène ont longuement répondu aux questions diverses et variées des spectateurs manifestement conquis par cette performance théâtrale. A noter que les questions posées tournaient presque toutes sur la technique théâtrale, le métier de comédien ou encore la mise en scène….ce qui était normal puisque le dossier et le synopsis de la pièce avaient été étudiés et replacés dans l’environnement historique en amont de la représentation. Cette manifestation s’inscrivait, comme nous l’a fait remarquer, Bruno de Brackeleire, principal du collège, dans un programme de Mémoire beaucoup plus vaste axé sur l’évocation des années 1917 et 1918 mené dans le cadre du Centenaire et qui pourrait voir son point d’orgue avec réouverture du Mémorial du Wagon de l’Armistice entièrement rénové.
Voyage de mémoire dans le Vercors
Chaque année, l’Association de l’Oise du Concours National de la Résistance et de la Déportation (AOCNRD) organise un voyage de mémoire à destination des élèves qui ont participé au concours. Cette année, l’objectif était de découvrir et de commémorer la mémoire des Résistants du Maquis du Vercors.
Le massif du Vercors : une forteresse naturelle
Le Vercors est un massif des Préalpes situé entre les villes de Grenoble et de Valence, dans le Sud-Est de la France, entre les départements de l’Isère et de la Drôme, à une centaine de kilomètres au sud-est de Lyon. En géographie, un massif désigne un ensemble de montagnes, qui a la particularité de former un bloc continu. Le massif du Vercors s’étend sur 200 000 hectares. Il se compose de 8 régions naturelles : Vercors-Drôme, Royans-Drôme, Royans-Isère, Diois, Trièves, Quatre-montagnes, Gervanne et Piémont Nord.
Ce territoire est classé Parc Naturel Régional depuis 1970. Cela signifie qu’il est préservé et protégé. Il se caractérise par une richesse exceptionnelle tant au niveau de ses reliefs de calcaire que de la faune et de la flore. On peut y observer des marmottes, des tétras-lyres, des chamois ou des aigles royaux. Plateaux, forêts, falaises et gorges composent des paysages d’une grande diversité et d’une grande beauté. Le Parc Naturel Régional du Vercors culmine à 2453m (Rocher Rond).
Le maquis du Vercors
Pendant la Seconde Guerre mondiale (1939-1945), le Vercors est devenu un maquis. Le maquis désigne aussi bien un groupe de Résistants (ceux qui refusent la collaboration avec l’Allemagne nazie et qui s’organisent pour lutter contre les nazis et contre les collaborateurs) que le lieu où ils opèrent. Pour organiser leurs actions clandestines, les Résistants se cachent dans des régions peu peuplées, dans les forêts ou les montagnes. A l’origine, le maquis désigne une forme de végétation méditerrannéenne que l’on trouve par exemple en Corse. Prendre le maquis signifie se réfugier dans la forêt pour éviter d’être pris par la police.
Le Vercors, par sa singularité géographique, constitue un lieu privilégié pour les Résistants appelés aussi les Maquisards.
De l’exil à l’organisation
Dès l’armistice du 22 juin 1940, les premiers résistants français et étrangers fuient la persécution et refusent la collaboration avec l’occupant nazi. De nombreux résistants se réfugient alors dans le Vercors, situé en zone libre jusqu’en 1942. Le Vercors accueille aussi bien les réfugiés polonais roumains, hongrois, allemands, juifs, que des résistants aux convictions politiques et spirituelles variées.
A partir de 1942, le maquis du Vercors se structure. Il se compose de volontaires du Mouvement Franc-tireur (dirigé par Aimé Pupin avec Eugène Samuel) et de résistants dirigés par l’architecte Pierre Dalloz et l’écrivain Jean Prévost. C’est Pierre Dalloz qui voit dans le Vercors un lieu hautement stratégique. Il élabore le plan Montagnards dont l’objectif est de transformer le Vercors en forteresse. Il s’agit de préparer la reconquête du territoire avec l’aide des Alliés anglo-américains, en harcelant l’occupant allemand afin de faciliter les deux débarquements qui auront lieu le 6 juin 1944 en Normandie et le 15 août 1944 en Provence.
En 1943, les réfractaires au STO (Service du Travail Obligatoire) grossissent les rangs des maquisars. En 1944, après le premier débarquement, plus de 4000 volontaires gagnent le Vercors.
La fin tragique
Dès janvier 1944, les Allemands, conscients de la menace, décident d’exterminer les Résistants qui affluent dans le Vercors. Mais l’extermination a lieu en été. Les Résistants, une semaine après le débarquement de Normandie, déploient un drapeau immense aux couleurs de la République Libre du Vercors. Les 13 et 15 juin 1944, l’armée allemande occupe Saint-Nizier. 14 000 soldats allemands s’apprêtent à affronter 4000 Résistants, dont la moitié est non-armée. Le 14 juillet 1944, les Résistants reçoivent en plein jour par un largage aux couleurs tricolores un millier de conteneurs. C’est cet événement qui lance le signal de l’extermination du maquis par les Allemands. Dans la nuit 21 juillet, le village de Vassieux est réduit en cendres par l’armée allemande. Parmi les trop nombreuses victimes, une famille entière originaire de Compiègne, la famille Blanc, est entièrement décimée : parents et enfants (dont un bébé de 14 mois) sont massacrés. Les maquisards se retrouvent progressivement encerclés par l’armée allemande qui attaque sur trois fronts. Dès lors, la forteresse naturelle du Vercors se transforme en souricière pour les Résistants. Au total, environ 700 résistants ont été tués, et 201 civils massacrés.
Efficacité militaire et portée morale
L’épopée du maquis du Vercors s’est achevée dans le sang. Toutefois, l’action des Résistants du Vercors fut efficace dans la mesure où elle a facilité la reconquête du territoire français après les débarquements, car elle a détourné une partie de l’armée allemande des fronts de Normandie et de Provence. Mais surtout, le sacrifice des Résistants a permis de reconquérir l’identité morale et spirituelle de la France. En refusant la défaite et la honte de la collaboration, les Résistants ont sauvé l’honneur de la République française.
Sur les pas des maquisards
Le voyage de mémoire des samedi 14 mai et dimanche 15 mai 2016 a permis aux élèves de découvrir et de prendre conscience de cet épisode à la fois glorieux et tragique de l’histoire de France. Le samedi 14 mai, les élèves ont visité le Mémorial de Vassieux en Vercors. Le Musée rappelle la situation géographique, le contexte historique et les différents lieux de combat qui ont eu lieu dans le Vercors. Situé en bordure de falaise au-dessus du village martyr de Vassieux en Vercors, le Musée offre une vue imprenable sur le massif qui a fortement impressionné les élèves. L’architecture du Mémorial évoque l’idée de Vercors forteresse.
Les élèves ont ensuite visité le village de Vassieux en Vercors qui fut entièrement reconstruit après la Seconde Guerre mondiale. Enfin, la première journée de visite s’est clôturée par une cérémonie commémorative à la Nécropole de Vassieux en Vercors. Les élèves se sont recueillis sur les tombes et ont chanté la Marseillaise. Ce fut un hommage émouvant.
Le lendemain, la découverte de la grotte de la Luire fut une expérience bouleversante pour les élèves. En effet, c’est dans cette grotte que s’est replié pendant la guerre l’hôpital de Saint-Martin. Face à l’avancée de l’armée allemande, en juillet 1944, l’équipe de l’hôpital décide de se replier à Die, avant de retourner sur le col du Rousset et de se cacher dans la grotte avec les blessés. Dans le froid et l’humidité ambiante, l’équipe de soignants concentre toute son énergie au service des malades. Le père Yves de Montcheuil y célèbre la messe tous les matins et fait ce qu’il peut pour réconforter les blessés. L’entrée de la grotte sert de chambre froide pour les aliments et les médicaments. Plus de 130 civils et maquisards se font soigner dans cette grotte. Un drapeau de la Croix-Rouge est mis en évidence à l’entrée de la grotte afin de rappeler la convention de Genève et d’épargner les blessés. Mais c’est ce drapeau qui attire l’attention de l’armée allemande et qui précipite la fin tragique de cet hôpital de fortune. Le 27 juillet, l’armée allemande accède à la grotte. Tous les occupants de la grotte sont faits prisonniers. Dans la soirée, les blessés sur leurs brancards sont fusillés à Rousset. Les autres prisonniers sont emmenés à Grenoble. Certains sont fusillés le 10 août (comme le père Yves de Montcheuil, les médecins Ullman et Fischer) et d’autres, notamment les infirmières, sont déportées au camp de concentration de Ravensbrück. L’une d’entre elles, Odette Malossane, périt de la diphtérie à Ravensbrück dans des conditions atroces. Les élèves ont observé une minute de silence à l’entrée de la grotte.
Après la visite de la grotte de la Luire, nous nous sommes rendus au village de La-Chapelle-en-Vercors, dans la cour des Fusillés, sur les lieux mêmes où 16 otages civils et résistants ont été fusillés par l’armée allemande. Puis nous nous sommes arrêtés à un belvédère offrant une vue panoramique du massif du Vercors, et notamment des ruines de Valchevrière. Ce village en pleine forêt servit de camp aux maquisards. C’est dans ce village que, les 22 et 23 juillet 1944, le lieutenant Chabal et ses hommes se sont sacrifiés les armes à la main pour retarder l’avancée de l’armée allemande. Depuis ce jour, le village est laissé en ruines et constitue un lieu incontournable du souvenir. Valchevrière est un lieu qui rappelle l’héroïsme des Résistants. Il est le symbole de leur sacrifice suprême.
Enfin, le voyage s’est terminé par la découverte de la nécropole de Saint-Nizier-du-Moucherotte où une dernière commémoration a été organisée pour nos élèves. Ce lieu a été érigé à la mémoire des 250 maquisards qui ont résisté héroïquement aux assauts de l’armée allemande le 13 juin 1944. On peut notamment se recueillir sur la tombe d’un des chefs les plus emblématiques du Vercors, l’écrivain et journaliste Jean Prévost. Les collégiens et lycéens ont déposé une plaque commémorative et ont observé une minute de silence après la lecture d’un poème de Jean Prévost.
Journée de mémoire de l’abolition de l’esclavage
Le jeudi 12 mai 2016, les élèves de 3eB du collège Jules Vallès de Saint Leu d’Esserent ont célébré, sous la direction de Monsieur Tondeux, Principal, et de Madame Eidelman, Principale-adjointe, l’abolition de l’esclavage. La représentation qu’ils ont préparée et offerte au Préfet de l’Oise, au Vice-président du Conseil départemental, à l’Inspecteur académique et à tous les délégués de classe de l’établissement, est le fruit d’un projet interdisciplinaire en français, en histoire et en éducation musicale. En cours de français, avec Monsieur Lanusse, les élèves se sont approprié des textes de Victor Hugo (Melancholia), de Paul Eluard (Liberté j’écris ton nom) et de Victor Schoelcher (Dictionnaire politique, encyclopédique, du langage et de la science politique) qu’ils ont ensuite mis en scène et accompagnés de chansons, notamment Le Chant des Esclaves de Nabucco, l’opéra de Verdi. Les chansons ont été étudiées et apprises en éducation musicale avec Madame Dumay. Des expositions sur la traite négrière et sur les cultures africaines ont été réalisées en histoire-géographie avec Madame Langlet et Madame Renier.
La représentation des élèves a mis en scène un choeur d’esclaves qui, sous l’impulsion de quatre comédiens incarnant Victor Schoelcher, prend progressivement conscience de sa servitude et décide de se libérer de ses chaînes.
La direction et l’équipe du collège Jules Vallès ont voulu montrer avec les élèves que célébrer aujourd’hui l’abolition de l’esclavage, ce n’est pas simplement se rappeler qu’il fut un temps où les hommes noirs étaient opprimés par des hommes blancs. Il serait réducteur de considérer le décret du 27 avril 1848, adopté par Gouvernement provisoire de la Deuxième République, comme la simple émancipation des esclaves noirs dans les colonies françaises. Proclamer et célébrer l’abolition de l’esclavage, c’est proclamer et célébrer les principes fondamentaux de la République française : la liberté, l’égalité et la fraternité. En abolissant l’esclavage, la Deuxième République, sous l’impulsion de Victor Schoelcher, réaffirme avec force la liberté et l’égalité de tous les hommes. Mais surtout, l’abolition de l’esclavage apparaît comme le fruit le plus emblématique de la grande conquête politique et morale de la République de 1848 : car c’est en 1848 qu’apparaît pour la première fois le principe de fraternité aux côtés de la liberté et de l’égalité. Commémorer l’abolition de l’esclavage, c’est donc redonner du sens à ce qui constitue le plus beau message que notre pays délivre à ses habitants, mais également aux citoyens du monde. Ce message universel consiste à affirmer le lien consubstantiel et indivisible qui unit la liberté, l’égalité et la fraternité. Il n’y a pas de fraternité sans égalité, car pour se sentir frère, encore faut-il jouir des mêmes droits ; et il n’y a pas d’égalité sans fraternité, car il est difficile de se sentir égaux si l’on ne se sent pas appartenir à la même famille humaine. Enfin, la fraternité est ce qui donne du sens à la liberté. La liberté n’existe pas sans but. Elle devient positive quand elle engage l’individu et la communauté à se battre pour un idéal de fraternité.
Ainsi, conscient de l’unité et de la nécessité de la mémoire, conscient aussi de sa mission, le collège Jules Vallès s’est engagé dans la construction d’un véritable parcours citoyen pour chaque élève. Ce parcours citoyen est scandé par des moments forts qui engagent la vie de toute la communauté éducative, autour des projets sportifs, artistiques, culturels et mémoriels, en partenariat avec la DSDEN de l’Oise, le Conseil départemental de l’Oise (Histoire et mémoire, CDDC), l’ONAC et l’AOCNRD. Grâce à ce parcours citoyen, couplé au parcours d’éducation artistique et culturelle, les élèves opèrent une véritable appropriation des valeurs fondamentales de la République française.
Concours national de la Résistance et de la Déportation
Le département de l’Oise bénéficie d’une spécificité : l’Association départementale pour le Concours de la Résistance et de la Déportation. Cette dernière avec le soutien de CANOPE-site de Beauvais est associée à la DSDEN qui organise le concours. L’association diffuse dans tous les établissements une affiche et une liste de documents en relation avec le thème annuel du concours.
Pour cette année, le thème retenu s’intitule : « Résister par l’art et la littérature ».
Les inscriptions sont reçues par le service de la DAVEL de la DSDEN de l’Oise. Pour cette année, la date de retour des inscriptions était fixé au 30 janvier 2016. D’ores et déjà, nous avons constaté que de nouveaux établissements avaient inscrit des candidats.
Dans le cadre de l’organisation des services de la DSDEN, le CNRD est encadré par une référente administrative sous la responsabilité du chef de division de la DAVEL et par un référent pédagogique intégré à l’équipe de l’action culturelle. Ce dernier est également chargé d’assurer une liaison permanente avec l’association départementale pour le concours et de représenter Monsieur le DASEN de l’Oise aux réunions de cette association.
La baisse constatée au niveau national a été particulièrement sensible, dans le département de l’Oise pour l’année scolaire 2013-2014. Elle a touché la participation des élèves des collèges alors que le chiffre des lycéens participants reste globalement stable..
En revanche l’exercice 2015 a témoigné d’un très net regain d’intérêt puisque les chiffres de la participation, non seulement présentent une courbe inverse à l’année précédente mais encore dépassent largement ceux de l’année 2013. Cette tendance s’est confirmée pour l’année 2016 avec une plus forte mobilisation dans les collèges alors qu’il y a un tassement dans les lycées.
Pour l’année 2016 :
18 collèges (dont trois privés) soit 410 participants
13 lycées (dont trois privés ) soit 285 participants
Soit, au total 695 élèves
Les épreuves se déroulent, cette année, le vendredi 25 mars.
Les travaux de corrections du jury départemental auront lieu le 26 avril au collège Michelet de Beauvais, proche de la DSDEN de l’Oise. Le jury comporte, pour cette année 20 membres.
La remise des prix s’effectue le samedi 28 mai dans l’après-midi dans l’hémicycle de l’Hôtel du département en présence des représentants de l’Etat, de l’Education Nationale, du Conseil Général de l’Oise, de la Défense, des collectivités territoriales et des anciens Résistants qui sont particulièrement mis à l’honneur. Sont conviés à cette cérémonie, les lauréats, leurs parents, leurs chefs d’établissement et leurs professeurs d’être présents à cette manifestation très solennelle. La chorale CANTUS FELIX dirigée par Monsieur Yves Delécluse, accompagnée par la chorale du collège de Mouy conduite par Monsieur Adrien Prunet donnera également un caractère de solennité à la cérémonie en interprétant le Chant des Marais, le Chant des partisans Bella çiao, le Chant du Départ et l’Hymne National.
Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’holocauste et de la prévention des crimes contre l’humanité
MEMORIAL DE ROYALLIEU 27 janvier 2016
A l’invitation du Mémorial de Royallieu et de sa directrice, Madame Anne Bonamy, 110 élèves de Compiègne ont participé à cette matinée de commémoration, en présence de Monsieur Jacky Crépin, IA-DASEN de l’Oise, de Monsieur le Sous-Préfet de Compiègne et des autorités municipales. Les élèves encadrés par leurs chefs d’établissement et leurs professeurs étaient issus des quatre collèges de la ville et des lycées Pierre d’Ailly, Mireille Grenet et Charles de Gaulle. C’est la première fois – et le fait mérite d’être souligné- que les quatre collèges de la ville s’associaient dans une cérémonie de Mémoire et de recueillement. Cette participation témoigne, s’il en était besoin, de l’importance prise par le Travail de Mémoire dans les établissements scolaires et de l’intérêt qu’il génère tant chez les enseignants que chez leurs élèves.
La cérémonie a débuté par le chant emblématique des marais et les allocutions des autorités : Monsieur le Président du Comité d’entente des associations issues de la Résistance et de la Déportation de l’Oise, Monsieur l’Inspecteur d’Académie, Monsieur le représentant du Conseil départemental de l’Oise, Madame la représentante de la Mairie de Compiègne et Monsieur le Sous-Préfet de Compiègne. Au cours de son allocution, Monsieur l’Inspecteur d’Académie a souligné l’importance du Travail de Mémoire dans la construction civique et citoyenne de nos élèves et a témoigné de sa grande satisfaction de voir réuni autant d’élèves pour cette manifestation.
Les élèves ont ensuite pris le relais en procédant à la lecture de différents textes :
• Lecture d’un extrait d’Hélène Berr par les élèves du lycée Pierre d’Ailly
• Lecture d’un extrait de Primo Lévi par les élèves du collège Jacques Monod
• Lecture de la lettre de Simone Veil et de la réponse des jeunes de France à cette lettre lues par les élèves des collèges Gaëtan Denain, Jacques Monod, Ferdinand Bac, André Malraux et des lycées Charles de Gaulle et Mireille Grenet.
Cette première partie de la cérémonie a été suivie par la remise des drapeaux des associations de déportés et la signature des conventions concrétisant le prêt et le dépôt de ces drapeaux dans des établissements scolaires. Deux établissements bénéficient de cette mesure exceptionnelle : le lycée Charles de Gaulle dont la convention a été signée par Monsieur Hervé Louvet, proviseur et le collège Paul Eluard de Noyon dont la convention a été honorée par Monsieur Pascal Louvet, principal.
Les conventions signées impliquent des droits et des devoirs pour les établissements qui se sont engagés. Le drapeau original est prêté et exposé dans l’établissement d’accueil qui s’engage à proposer de jeunes « porte-drapeaux pour les commémorations annuelles (8 mai/ 18 juin/ 1er septembre/ 11 novembre).
L’ensemble de l’assistance s’est ensuite rendu en défilé au Monument des déportés de Royallieu où le programme a été le suivant :
• Dépôt de gerbes par les enfants de Compiègne, la FNDIRP, l’UNADIF, l’Inspecteur d’Académie, le Conseil Départemental de l’Oise, la Mairie de Compiègne et le Sous-Préfet. Chaque élève participant a également déposé une « fleur de la Mémoire »
• Sonnerie aux Morts par le clairon et le tambour de la Batterie-Fanfare de Compiègne
• Minute de silence
• La Marseillaise interprétée par tous les assistants (couplets 1 et 7)
• Le chant des partisans chanté par les élèves de la chorale du collège Gaëtan Denain sous la conduite de leur professeur de musique.
Les élèves qui ont accepté de participer à cette manifestation de Mémoire recevront tous l’attestation de « Petit veilleur de la Mémoire » décernée par la DSDEN de l’Oise.
Mise à jour : 3 juillet 2017