DSDEN 02

Vous êtes ici : Accueil > Parents et élèves >

Sommaire

Jeux violents et pratiques violentes

Depuis quelques années, dans les cours de récréation, mais aussi à l’extérieur, les « jeux » dangereux et les pratiques violentes constituent un phénomène en constante augmentation.

Le ministère de l’Éducation nationale s’est donc attaché, dans le cadre de sa politique de prévention globale des conduites à risques, à mieux accompagner les actions à mettre en œuvre dans les établissements pour lutter contre ces pratiques.

Le document présenté, fruit du travail d’experts, enrichi d’expériences déjà engagées sur le terrain par des équipes éducatives et des associations, a pour objectif d’aider l’ensemble de la communauté éducative et particulièrement les parents à mieux mettre en place une démarche de prévention sur ces pratiques.

Il apporte des informations sur les caractéristiques de ces « jeux », leurs conséquences physiques et psychologiques, les facteurs qui y sont associés, mais également sur les signes qui doivent alerter et favoriser une certaine vigilance des adultes.

Les "jeux" violents et les pratiques violentes : prévenir, intervenir, agir format PDF - 531.6 ko
Tous les enfants joueurs ne sont absolument pas suicidaires.

 Signes

  • Violents maux de tête
  • Manque de concentration
  • Joue rouge
  • Hantise de ne pas quitter un lien : ceinture de judo, corde, etc …
  • Présence d’aérosol dans la chambre
  • Irritabilité et agressivité
  • Bourdonnement d’oreille, éblouissement, vision floue
  • Sensation de chaleur dans la tête
  • Vêtements déchirés

Si vous avez reconnu un des signes chez votre enfant, interrogez-le ou (la) et demandez lui à quoi il ou elle joue en cours de récréation ou hors école.

 Risques

De nombreux enfants ou jeunes ont été découverts pendus strangulés, leurs pieds touchant le sol (voir preuve par un rapport d’autopsie, dans l’ouvrage « Alerte aux jeux dangereux »), ce qui prouve que l’hypoxie est suffisante pour perdre connaissance.
Il n’y a pas de retour en arrière (ne pas confondre avec un suicide de jeune, ce qui existe malheureusement et où l’enfant est retrouvé pendu, les pieds ne touchant pas le sol).
Le poids de l’enfant rendu hypotonique par le manque d’oxygène, aggrave le phénomène de strangulation (cordelette, corde, essuie-mains), ce qui diminue encore plus rapidement le flux sanguin et conduit à son arrêt total.

Ces jeux peuvent être pratiqués plusieurs fois par jour.

Non seulement ces jeux peuvent aboutir à un décès, mais en cas de survie, les complications et séquelles cérébrales peuvent être nombreuses et variables.
Les jeux d’attaque ou d’agression peuvent provoquer un évanouissement. La violence du coup dans l’estomac, abdomen, tête où le manque d’oxygène peut être insuffisant.

 Conséquences

Beaucoup ont des difficultés verbales et utilisent la force pour s’exprimer, ce qui sert de défouloir, mais cache aussi des jalousies.
Les jeunes et enfants joueurs confondent « Victime et Victimisation ».
Pour se sentir exister, pour braver l’interdit, les jeunes vont se mettre en danger pour faire plaisir à leur copain avec le « t’es un lâche », « T’es un bouffon ».

Nous avons interrogés des joueurs sur les sensations recherchées, voici ce que nous avons trouvé :

  • Pour faire rire, amusement, hilarité
  • Mettre à l’épreuve sa force et exprimer sa supériorité
  • Quelquefois un effet de drogue, effet planant
  • Plaisir sexuel, jouissance
  • Etre spectateur
  • Réveil est douloureux
  • Bagarre
  • Parfois, l’objectif est de faire mal physiquement.

Il nous faut donc analyser le contexte dans lequel on va agir, et ne pas nous restreindre au seul a priori du phénomène de masse, ou de l’effet de mode.

 Blessures physiques

  • Bleus, bosses, hémorragie
  • Fractures, ou entorses
  • Traumatisme crânien
  • Séquelles neurologiques, hémorragies, rate éclatée, entorses, automutilation, voire mort si les coups atteignent une partie vitale du corps ou si l’enfant ou le jeune est étouffé.

 Conséquences psychologiques

  • Repli sur soi
  • Manque de concentration
  • Mauvaise estime de soi
  • Perte de confiance
  • Peur de tout
  • Phobie scolaire mais pas d’échec signalé
  • Sommeil perturbé

 Motivation et profits des joueurs

  • Recherche de sensations nouvelles et fortes
  • Attrait pour le risque
  • Cherche un but à son existence
  • Pense à maîtriser son corps
  • Veut braver l’interdit
  • Influence du groupe de copains
  • Importance du « T’es pas cap certificat d’aptitude professionnelle  », « T’es un lâche », « T’es un bouffon »

 Analyse

N’étant plus des petits enfants et pas encore des adolescents, les préadolescents commencent à développer leur identité et à accorder plus d’importance à l’image qu’ils projettent. Les spécialistes diront que la plupart des enfants sont vulnérables et qu’en traitant les enfants et préadolescents comme des adolescents, l’attrait pour le risque et le sentiment d’exister se développe essentiellement par la rumeur avec l’aide d’Internet mais aussi l’exemple d’adultes.

La multiplication de défis ouverts à tous incite les préadolescents à grandir rapidement.

Les études démontrent que les jeunes de 11 ans ne se perçoivent plus comme des enfants.

La plupart des publicités ont ciblé leur public : elles visent désormais les enfants dès la maternelle et jusqu’à 21 ans.

En traitant les enfants, préadolescents et adolescents, comme des consommateurs indépendants et matures, les spécialistes du marketing ont réussi à éloigner les parents et les enseignants du tableau.

Les jeunes deviennent plus réceptifs à des messages potentiellement malsains, notamment sur l’image du corps, la sexualité, le relationnel et la violence.

La colère, l’activisme et l’attitude des enfants, préadolescents et adolescents sont devenus des cibles. La télévision, Internet via la création du blog, les jeux vidéos, la messagerie instantanée, sans oublier les téléphones portables, de très jeunes enfants sont pourvus des dernières technologies.

Ce sont des instruments qui, sans mode d’emploi, peuvent devenir dangereux.

Mise à jour : 9 février 2017